Samedi 16 septembre 1967 — Au pavillon de la Jeunesse, Fernand Ouellette et Gilles Tremblay présentent le compositeur français naturalisé américain, Edgar Varèse.

CARNETS DE L'EXPO — Ce 1er avril...

Ce 1er avril 1962 : Une nouvelle époque s'ouvre devant Montréal

Samedi 31 mars 2012

 Par Yves Jasmin*


Ce 1er avril, en 1962 est la vraie naissance de l'Expo 67, il y a cinquante ans. Rappelons-nous : L'idée de marquer le centenaire de la Confédération canadienne (qui est en fait une Fédération) est venue pendant que la Belgique préparait pour 1958 une Exposition Universelle (tous les sujets) et internationale (tous les pays). Le projet canadien, proposé par Pierre Sévigny, alors Ministre associé de la Défense, et accepté par le Premier Ministre John Diefenbaker, a été annoncé par le sénateur Mark Drouin à l'Expo de Bruxelles. Le Canada a donc posé sa candidature pour Montréal au Bureau International des Expositions, mais, le 5 mai 1960, c'est l'URSS qui l'a remporté, pour marquer le cinquantième anniversaire de la révolution bolchevique de 1917.

Alors, ce 1er avril 1962 c'est quoi ?  C'est le jour où l'Union soviétique a renoncé à l'Expo 67. On a dit que c'était la crainte d'être envahie par des millions de visiteurs. Chaque visiteur en URSS étant surveillé par deux policiers, selon la légende, la perspective d'avoir à engager des millions de policiers les a fait reculer. Vrai, pas vrai ? Toujours est-il qu'il y a cinquante ans le bébé nous est revenu.

Nous avions perdu deux précieuses années et il fallait mettre les bouchées doubles. Mais n'est-ce pas une bonne formule? On fait souvent mieux vite que lorsqu'on a tout son temps. Nous avions cinq ans pour recruter du personnel (un emploi temporaire!), créer un concept, trouver et aménager un emplacement, recruter des pays participants et des entreprises privées, imaginer et construire des centaines de pavillons, petits et grands, recruter un auditoire et loger tout ce monde quelque part, organiser un événement de haute qualité et ne pas ruiner les trois investisseurs : le Canada, le Québec et Montréal. Ce qui fut fait, et loin de ruiner les trois investisseurs, l'Expo a rapporté énormément d'argent en taxes toutes parts, de prestige et de retombées sociales et culturelles.

Nous avions une fameuse locomotive: le maire Drapeau qui aurait bien voulu être le Commissaire Général de l'entreprise mais cela lui fut refusé. Me Drapeau a fréquemment pris la défense du projet devant certaines hésitations fédérales. Hésitations de la part du ROC (Rest of Canada) qui voyait mal que l'on donne un projet aussi grandiose au Québec alors que cette province commençait à ruer dans les brancards canadiens.

L'Expo a donc eu son début instantané en 1962. Les bases ayant été posées et la compagnie de l'Expo créée, dès janvier 1963 une équipe s'est mise à l'oeuvre.

On connaît mal cette première administration menée par deux hommes de bonne volonté qui avaient accepté de renoncer à une retraite dorée de leur entreprise respective. Ils travaillaient à raison d'un dollar par année. Paul Bienvenu avait présidé aux destinées des Pâtes Catelli et Cecil Carsley, était président de Lyon's Vinegar. Les médias n'ont pas manqué d'en faire des gorges chaudes, «un tandem pâtes et vinaigre», disaient-ils méchamment. Ils étaient cependant admirablement secondés par un Directeur général, Claude Robillard, prêté par la Ville de Montréal.

1963 a servi à établir les bases de l'Expo.

On y reviendra, en 2013. On pourra assister aux progrès de cette gigantesque entreprise, avec 50 ans de recul.

*Yves Jasmin, O.C. a été Directeur de l'Information, de la Publicité et des Relations Publiques d'Expo 67, de mars 1964 à janvier 1968.

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